lundi 18 septembre 2006

Orgasme de choix

C'est la rentrée des classes. Alexandre et Hadrien vont à l'université, comme l'an passé. Le stress du premier jour, ce n'est plus pour eux. Ils ont rendez-vous avec leurs copains à la cafétéria. Hadrien reste, comme à son habitude en retrait parce que, même s'il a des affinités avec eux, il n'arrive pas à s'intégrer et à faire semblant d'être comme eux. Chose qu'Alexandre maîtrise parfaitement.
A ce propos, Alexandre s'est constitué une bande plus fermée, une bande d'"intimes" à qui il raconte ses frasques sexuelles avec Isabella, Linda ou encore Julie,... Parfois, il ne se rappelle même plus les prénoms. Toujours est-il que les histoires de cul intéressent les camarades d'Alexandre.

- La dernière que j'ai fréquentée, c'était une vraie tigresse !
- C'est qui ?
- On la connaît ?
- Ouais, elle est dans notre promo. C'est la nana qui traîne avec Catherine et Ambre.
- J'vois pas.
- Celle qui chante dans un groupe de métaleux. Celle qui s'habille en fausse goth new age.
- Hein ?
- Christine ?
- Ouais.
- Ah ! C'est celle qui tourne dans les vidéos des deux tarés en Arts du Spectacle ?
- Ouais.
- Et donc ?
- Donc c'est une vraie tigresse. La nana déjà, elle annonce qu'elle est pas conventionnelle. J'me disais que tu vois c'était comme ces fausses rebelles qui trouvent hardcore de faire ça la lumière allumée mais putain, même pas !
- Genre ?
- Genre déjà, j'ai été surpris quand elle m'a laissée la lui foutre dans l'cul tu vois.
- Comme ça ? Et elle était pas bourrée ?
- Non, c'est son truc. Elle aime qu'on la prenne par derrière. Et vas-y que si j'y allais mollo je me faisais limite engueuler comme de la merde !
- Sérieux ?
- Mais ouais ! Enfin y'a pas que ça.
- Bah quoi ? Elle a des sextoys ?
- Ouais mais c'est pas ça le plus marrant. Le truc, c'est qu'elle jouit pas si je l'étrangle pas.
- Tu te fous d'not' gueule ?!?
- Non.
- Mais tu fais comment ? Enfin je veux dire, tu lui sers le cou jusqu'à ce qu'elle respire plus ?
- Ouais ! Je l'étrangle, et quand elle devient toute rouge, elle vient. La première fois, j'suis resté con quand elle m'a dit de lui faire ça. J'm'y attendais pas.
- Putain, tu m'étonnes que ça doit te changer des p'tites connes qu'on saute au bahut !
- Exactement. Et pis j'ai pas intérêt à me relâcher ! C'est un vrai taf ! Limite, je bosse plus qu'une star du porno !
- Ah ah ah !
- Ah ah ah !
- Bah attends ! Faut que je la saute, que je lui bourrine le fion, que je l'étrangle, que je me concentre sur ma queue tout en faisant gaffe de pas la tuer tu vois ! Parce que ça arrive vite ce genre de conneries ! Et j'ai pas envie de me retrouver à baiser un cadavre !
- Oh putain ouais !
- Bah ouais !
- Et tu crois que c'est pareil pour les mecs ?
- De quoi ?
- Du fait qu'on jouit en s'étranglant ?
- Bah je sais pas, t'as qu'à le faire en te branlant et tu nous raconteras !
- Ah ah ah !
- Ah ah ah ! T'es con !
- Ah ah ah !
- Bah je pensais que peut-être, je pouvais en parler à ma copine...
- Cathy ? Ouais, tu vois ça m'étonnerait. Le seul vice qu'elle doit avoir c'est d'être une sacrée fouteuse de merde mais c'est tout.
- Ta gueule !
- Bah admets !
- ...
- Mais au pire, tu peux voir avec une pute ou bien avec une des chaudasses de la fac... ou je te refile Christine... Encore que...
- Quoi ? T'as peur que je lui fasse plus plaisir que toi ?
- Oulà, j'en doute gamin ! J'ai une réputation, et elle est pas basée sur des rumeurs infondées !
- Ouais ! Ah ah ah !!!

Deux semaines après cette conversation, comme l'avait prévu Alexandre, Franck avait succombé à son envie d'essayer. Il n'y eut pas d'autres conversations entre les trois copains. Juste le téléphone qui sonne, une annonce, des larmes et un enterrement. La curiosité n'est pas qu'un vilain défaut, c'est aussi un luxe qu'on a du mal à rembourser.

Une jeune femme avait masturbé Franck. Il s'était attaché une corde autour du cou. Une corde attachée en hauteur, fixée au plafond de la grange familiale de ses parents. La campagne est un endroit magnifique. Outre les mottes de pailles, on y trouve toutes sortes de choses pour réaliser ses fantasmes sexuels. Franck avait joui entre les mains de sa complice. Il n'avait simplement pas pensé que debout, il aurait du mal à se remettre sur la pointe des pieds pour se libérer. Il n'avait simplement pas pensé que le temps que cette jeune femme finisse de s'essuyer les mains, elle l'aurait oublié depuis trop longtemps au bout de sa corde. Il n'avait simplement pas pensé qu'il aurait pu trouver mieux que la soeur de son meilleur ami.

mardi 12 septembre 2006

Impératrice rouge

Extrait du carnet d'un sadique :

9 septembre :
J'ai suivi cette femme que j'ai vu dans le café la semaine dernière. Elle est revenue comme tous les soirs depuis lors. Elle est toujours habillée de la même manière. On croirait à une entité magique. Il y a quelque chose d'étrange chez cette femme. Elle dégage un parfum de mystère démoniaque.
Elle est brune. Elle a les cheveux longs. Elle a le teint extrêmement pâle. Elle a les yeux presque bridé la nuit. Le jour par contre, elle ressemble à une européenne. Elle a des yeux d'un noir presque monstrueux. Elle a des lèvres si pulpeuses que ça attirerait n'importe quel homme normalement constitué. Elle y dépose toujours un rouge à lèvre très rouge. Incroyablement rouge. Elle porte une jupe noire. Des collants noirs. Des bottines rouges. Et elle a un manteau rouge. Avec une capuche.
Je l'imagine petit chaperon rouge et moi grand méchant loup lui courant après.
Je l'imagine dans ma voiture, à l'arrière, allongée.
Je l'imagine étendue dans les bois avec moi à l'intérieur de son corps.
Aujourd'hui, je l'ai abordé. C'est pour ça que je note enfin sa description dans ce journal. J'ai été lui parler. Lui demander ce qu'elle faisait dans la vie. Des trucs bateau. Elle a répondu avec une telle froideur. C'est bizarre de dire ça mais elle avait quelque chose de naïf mais de dangereux dans le regard. Comme si elle était un appât. Mon dieu, j'aimerai être le poisson qui l'avalera.

10 septembre :
Elle était encore là. Elle a accepté de prendre un café avec moi sous la forme d'un vrai rendez-vous. J'étais très excité. J'ai attendu longtemps. J'avais hâte de pouvoir écrire ça. On a discuté longtemps. Elle était immobile. Et parfois, je n'ai pas compris, mais elle riait. Je me suis senti comme une de mes victimes. Et bizarrement, je pensais que si ça devait m'arriver, ça m'énerverait mais au contraire, elle, elle m'intrigue. J'aimerai l'amener dans mon refuge. Non, en fait, j'aimerai voir à quoi ressemble son refuge. J'aimerai voir où elle vit. J'aimerai voir sa chambre. Je l'imagine aussi dégueulasse que moi. Avec des chaînes au lit, des menottes dans les tiroirs. J'aimerai qu'elle ait du poison dans sa cuisine. J'aimerai que sa chambre soit rouge, noire et blanche, comme des vêtements. J'aimerai qu'elle soit une impératrice glaciale mais pas frigide. J'aimerai qu'elle devienne ma complice. Elle et moi dans une grande ferme qu'on retaperait ensemble, où on amènerait nos jeux, où on se filmerait, où on baiserait comme des dieux. J'ai rendez-vous demain.

11 septembre :
Je suis chez elle. Elle m'a montré une pièce où elle dit enfermer des gens. C'est jouissif. Putain elle est parfaite. C'est une créature parfaite ! Mon impératrice rouge. Elle veut que je reste chez elle. Il est 23h et je vais dormir dans sa cave. Elle ne m'a pas enfermée. Elle voulait juste que je la teste. Elle vient d'installer des dispositifs de torture dans l'arrière salle de cette cave mais c'est fermé à clef. Elle me montrera demain. J'ai hâte. Elle m'a dit qu'elle m'attendait. J'aime cette idée que nous étions destiné à nous rencontrer. Comme des âmes soeurs. J'aimerai qu'elle me dise de m'installer chez elle. Je pense que c'est faisable, elle m'a dit avoir eu comme un coup de foudre pour moi. C'est dingue mais j'adore ça. Cette fille est encore plus dérangée que moi. Elle se couche avec son maquillage. Son pyjama est rouge sang, comme si elle l'avait teint avec du vrai. Elle aime aussi l'idée que j'écrive tout dans ce carnet. Elle est parfaite.

12 septembre :
Elle est formidable. Je suis en train d'écrire ces lignes pendant qu'elle me torture. Elle veut que je note tout. Elle commence par m'arracher les tétons. Elle a une pince, une longue pince qui me fait mal. C'est énorme. Je ne sais même pas comment elle s'appelle ! Elle a un fer pour marquer le bétail. J'aimerai qu'elle s'en serve sur moi. J'ai déjà marqué mes petites filles mais je n'ai jamais été traité comme ça.
Là, elle me fouette avec un fouet. C'est pour ça que j'ai une écriture quasiment illisible. Il faudra que je garde la page d'à côté pour réécrire ce que je note. Putain de merde, ça fait mal ! J'adore ça. Elle m'a attaché les pieds. Elle ne peut pas lier mes mains. Je dois écrire et tenir mon carnet.
Elle m'a installé à une table. J'écris dessus. Elle me scarifie le dos. Elle dessine sur ma peau. Ce sont sûrement des dessins mystiques, comme ceux affichés dans sa chambre. Elle me découpe des bouts de peau. Elle les met dans l'assiette qu'il y a sur la table en face de moi. c'est génial cette couleur ! Elle les prend en photo dans l'assiette. Au fur et à mesure qu'elle me les arrache. Elle fait ça avec un professionnalisme. Elle n'a aucune expression sur le visage. Comme si elle exécutait telle une poupée le scénario qu'un esprit aurait écrit pour elle. Je suis fascinée.
Elle m'a mis debout. Il y a une table suffisamment haute pour que je continue à écrire. Elle a pensé à tout. J'ai les pieds en sang. Elle m'a arraché les ongles des orteils. Elle les a fait brûler dans un verre. Le bruit... Ca crépitait. C'était rigolo. Oui, rigolo était le mot. Ca crépitait et c'était rigolo. Le verre a explosé sous l'effet de la chaleur. Elle est en train de m'ouvrir les testicules. Elle voudrait voir l'intérieur. Elle coupe et photographie. Je lui ai dit que la douleur commençait à m'empêcher d'écrire mais elle avait de l'héroïne. Elle avait pensé à tout. Désormais, ça va mieux. J'adore ce qu'elle fait. C'est une artiste. Elle a enlevé ce qu'il y avait dedans et a mis le contenu dans un bol. Elle a tout posé sur la table. Je suis nu. Et je me sens bien.
Ma langue se trouve désormais dans l'assiette avec les morceaux de mon dos. Elle a pris son temps. Elle avait anesthésié localement pour que je ne m'évanouisse pas. Ca fait très bizarre de ne plus bouger la langue. Je la sens encore mais comme si elle était engourdie. Pourtant, elle est à quelques mètres de moi. Je trouve ça beaucoup plus beau dans une bouche que dans une assiette. J'essaie de ne pas penser que c'est la mienne, sinon j'aurai honte d'avoir une langue qui ressemble à celle d'un veau.
Il fallait qu'elle essaie cet objet. C'est délicat à décrire. C'est comme un bâton avec des pics qui sont orientés dans un sens, de manière à ce que lorsqu'elle me l'enfoncera , si on tente de le sortir, ça m'arrachera l'intérieur. Ce bâton est petit mais les pointes ont l'air douloureuses. Nous allons de plus en plus loin. Ca y est, c'est dedans.
Elle veut m'ouvrir la poitrine pour récupérer des organes. Voir quand je peux y laisser la vie. Cette fille est tout bonnement incroyable. C'est une déesse. Elle m'ouvre avec un scalpel. Je suis anesthésié, toujours et elle m'a encore injectée une dose de je ne sais pas trop quoi. Elle semble savoir ce qu'elle fait. C'est dingue, elle est vraiment douée ! J'écris de plus en plus mal. Je ne vois pas ce que j'écris. Oh mon dieu, je vois mon

dimanche 10 septembre 2006

La fièvre du samedi soir

- Hadrien... T'as vu la nana là-bas qui me regarde ?
- La rousse ?
- Ouais, répondit-il avec un sourire sournois et satisfait.
- J'crois que tu ferais bien d'aller la voir. Y'a moyen que tu passes une bonne soirée.
- Sarah, elle est où ?
- Là-bas avec son "musicien".
- Ok. Bon, surveille la, j'l'aime pas trop c'connard.
- Ah ! ah ! ah ! Alex, t'arrêtes tes conneries deux minutes ? Sarah elle est grande ! J'serai toi, je me ferai plutôt du souci pour son gars !
- Mouais... Enfin bon, j'vais aller voir si cette petite minette veut venir rigoler avec moi.
- A dans deux heures alors ?
- Deux heures ? Tu rigoles ? J'ai lu un truc dans un des bouquins que j'ai emprunté à la nana que j'ai "vu" la semaine dernière
- Un bouquin sur quoi ?
- Tu sais, sur le cul, tout ça !
- Mais tu vas faire l'homme normal ?
- On verra. Déjà j'vais voir si elle s'intéresse à moi et si c'est le cas, on verra.
- ...
- Plus je la regarde et plus j'ai envie de la bouffer.
- Tu me raconteras ?
- Si j'fais rien d'exceptionnel, j'aurai rien à raconter.
- Ouais, et sinon, tu m'appelles ?
- Ah ! ah ! ah ! Ouais ! Allez, à tout à l'heure !

Alexandre s'approche de cette fameuse rousse sous le regard amusé de son frère. Sarah remarque qu'il s'éloigne d'Hadrien. Elle prie son ami de la suivre jusqu'à Hadrien.

- Il va où Alex ?
- Il va draguer, continue de rire Hadrien.
- Tiens au fait, je te présente Sébastien. Il est musicien.
- Salut.
- Salut.
- Tu connais ma soeur depuis longtemps ?
- A peu près six mois.
- C'est marrant qu'elle nous ait parlé de toi qu'y'a que deux semaines, hein ? en regardant sa soeur,
- Ouais ouais plein ouais. Dis ! Au lieu de dire des conneries, tu vas nous chercher à boire ?
- Ok, j'ai compris. Tu me gicles pour que je t'intimide pas ? Ah ah ah !
- Ouais, c'est ça... t'es si perspicace !

Sur ce, Hadrien s'éloigne en rigolant. Il se doute que faire passer sa soeur pour une nana lambda aux yeux de l'imprudent, c'est ce qu'elle attendait. Une saleté de manipulatrice qu'elle est ! Il se dirige vers le bar... Il se sert un verre et part accoster la jolie blonde qui tente d'attirer son attention depuis qu'il est arrivé. Comme s'il ne l'avait pas remarquée...

"Toi, ma p'tite, tu vas pas finir la soirée."

"Toi, beau brun, j'vais te faire hurler toute la nuit."

- Salut. Hadrien.
- Enchantée. Moi c'est Ezra.
- Tiens, c'est charmant !
- Ce n'est pas très courant je sais, sourit-elle.
- En effet. Dis moi, qu'est-ce que je dois attendre d'une jolie fille comme toi qui me dévore du regard depuis plus d'une heure ?
- Euh... rougit-elle,
- Si tu crois que je ne t'ai pas remarqué ? J'ai peut-être l'air con mais j'suis pas naïf.
- J'vois ça !
- Alors ?
- Disons que j'esperai savoir qui se cachait sous ces fringues si classes, tu vois ? Savoir comment tu t'appelles, d'où tu es, ce que tu aimes dans la vie ? Ce que...
- Ca t'interesse vraiment ou c'est juste pour meubler et m'attirer je ne sais où ?
- Tu crois que je suis une fille facile ?
- Si tu m'dis ça tout en souriant, j'sais pas trop quoi penser.
- Ah ! Ah ! Ah !
- En plus elle a un rire merveilleux... Tu m'intrigues Ezra !
- On se casse ?
- Comme tu veux... Moi je te suis. Tu as une idée de là où tu veux m'emmener ?
- Tu verras ! J'vais te montrer que les blondes à l'allure de Marie-couche-toi-là peuvent surprendre !
- J'ai jamais pensé ça d'toi chérie. mais avant, j'vais voir ma soeur pour lui filer les clefs de la caisse.
- Ca marche.

Tout en retenant son sourire conquis, il se dirigeait vers Sarah, toujours en train d'embobiner son cavalier.

- Sarah ? J'me casse. J'me suis fait draguer par la blonde là-bas.
- Ok. Et tu rentres comment ?
- Avec sa caisse quand j'en ai fini avec elle.
- Tu veux dire qu'elle va te raccompagner, demande Sébastien.
- Euh, ouais. Tiens, j'suis venue te filer les clefs. Tu rentres pas trop tard ?
- Comme vous deux.
- Bon, alors à demain pour le petit déj' !
- Bonne chasse.

Elle regardait Hadrien s'éloigner après un clin d'oeil qui signifiait beaucoup plus qu'une simple soirée conventionnelle avec Ezra, la désormais oubliée.

- Dis moi Seb, on fait quoi là ?
- Bah on discute pourquoi ?
- Ecoute, je sais pas toi mais ça fait pas mal de temps qu'on se connaît et je voudrais savoir combien de temps encore tu vas me faire le numéro du mec pas intéressé.
- Quoi ?
- Si tu arrêtes de me prendre pour une pauvre petite fille et que tu m'emmenais chez toi pour qu'on passe aux choses sérieuses ?

Surpris mais concentré à ne pas se laisser submerger par sa trique soudaine, il saisit Sarah par le bras, l'emmenant jusqu'au parking.

- Prends ta caisse, je prends la mienne, je te suis. On va chez toi ?
- Ouais.
- Ok, alors je te suis, play-boy.

Sarah entrait dans sa voiture, mettait le contact, allumait son autoradio qu'elle mit à fond. Elle réfléchissait au meilleur moyen pour passer une bonne soirée avec son nouveau jouet. Allait-elle l'attacher ? Au lit ou sur une chaise ? Allait-elle le ballonner ou le laisser hurler ? Comment pouvait être son appartement ? Avait-il une salle de bain avec une baignoire ? La salle de bain serait-elle suffisamment grande ? Arriverait-elle à exploiter tout le potentiel de l'endroit ? Elle faisait confiance en son instinct. Elle cherchait juste le moyen de jouir pleinement de ce jeune homme. Elle n'avait jamais abusé d'un musicien. Il avait probablement une guitare chez lui. Elle sourit.

Sébastien, dans sa voiture, se remerciait d'avoir pensé à acheter des préservatifs dans l'après-midi. Il se demandait si elle allait prendre tout en main, petite cochonne qu'elle avait l'air. Il se mit à chanter dans sa voiture pour se calmer, penser à autre chose. Il se demandait s'il avait du lait, du café ou du thé pour le petit déjeuner car oui, il espérait bien qu'elle resterait jusqu'au petit matin. Sur la route, il aperçut Alexandre sur le trottoir, avec sa conquête. Il se remit à penser à son amie qui le suivait.

Alexandre, saoul mais toujours lucide de ses actes s'apprêtait à emmener la jolie rousse jusqu'à une ferme qui appartenait encore plus ou moins à la famille de sa mère. Cette ferme ne se trouvait pas très loin de la ville et pour y aller, il connaissait un raccourci à travers les lotissements. Bientôt, le lit allait resservir. Les crochets de la grange allaient retrouver la couleur du temps où ils étaient utilisés. Les bassins allaient redécouvrir le toucher d'un liquide qu'Alexandre trouvait sensuel. Il allait retoucher à ce qu'il qualifiait de "dessert des dieux". Le chemin n'était pas éclairé, personne ne pouvait voir qui l'empruntait. Très peu de monde connaissait d'ailleurs ce chemin. Probablement que ces personnes étaient décédées ou séniles à l'heure où Alexandre et Myna foulaient la terre menant vers le début de leur véritable soirée.

Pendant ce temps, l'aîné se trouvait dans la voiture d'Ezra. Il pensait à ce qu'il avait à faire cette semaine. Hadrien n'est pas du genre à jouir d'avance d'une situation future. Il préfère anticiper les désastres, les fuites, les camouflages plutôt que les véritables instants de bonheur. Il n'aimait pas être déçu. Ce soir qui plus est, il ne voulait rien planifier. Il voulait voir quel effet ça pouvait faire d'être utilisé, manipulé par quelqu'un. Il allait la laisser tout prendre en main. La surprise qui l'attendait serait probablement plus intense que ce qu'il avait déjà goûté. Ezra ne s'imaginait pas qu'elle serait vaccinée à vie de ces rencontres subites. Tiens, "vacciné à vie", voilà qu'elle est terriblement amusante cette expression !

lundi 28 août 2006

Justice féminine

Intéressant ce bar. Il y a toutes ces filles. Si innocentes… Jamais je ne pourrai me lasser de l’odeur de leurs chattes bien fraîches. Jamais. Un pervers ? Moi ? Mais non, c’est juste l’instinct animal qui ressurgit Darling. Un délice : au fur et à mesure que j’avance, je vois mes proies de plus en plus nombreuses. J’hésite. Laquelle choisir. C’est délicat. Il y a des paumées qui me font bander de partout. Comment toutes les satisfaire ensemble ? Il est difficile de n’être qu’un homme. Je ris. Tiens. Cette jeune demoiselle à la larme encore humide au coin de l’œil. Quel personnage endosser pour la réconforter ? Et si j’étais ce dandy naïvement amoureux de toute femme, au passé sombre et torturé ? Ca marche à tous les coups, oui. Je la salue, et lui passe un mouchoir. Elle sent probablement l’intérêt que j’ai pour elle. Enfin pour elle... Ce corps est si petit, si fragile. Je l’étreindrais bien de mes couilles. Elle se laisse avoir facilement. J’adore ce genre de proie. Facile mais difficile à négocier. Les cérébrales, c’est mon jeu préféré. La chasse… Peut-être pour ça que les nymphomanes ne me font aucun effet. Je ris encore. Je l’emmène ma nouvelle compagne d’un soir. Elle sera mienne cette nuit, il le faut. Elle renifle le sexe à des kilomètres. Je veux me mettre en dedans. Sentir sa chair contre la mienne, goûter avec sa langue, que mon pénis goûte à ses lèvres. Elle s’assoit sur le lit. Comme prévu. C’est d’un typique. Mais au moins, je sais que mon plan se déroule bien. Au bout d’une demi-heure que son chagrin me pèse, caché derrière toutes mes réserves de patience, j’arrive enfin à l’allonger. Elle a des seins magnifiques. J’en mangerai. Je la déshabille et elle se laisse faire. Toujours avec son air faussement pudique et naïf. Oh ce que j’aime quand elles font semblant d’être naïve et qu’après ce sont de vraies chiennes. Surtout le moment où elles se décident à assumer leur instinct bestial. Je respire discrètement sa culotte. Je vais la manger cette pute. Elle prend plaisir à ce que je me serve en dessert de ce qu’elle mouille entre ses jambes. Elles les écartent d’elle-même encore et encore ses cuisses bronzées juste ce qu’il faut. Je bande tellement dur que j’ai la bite qui va se briser. Il faut absolument que je me la fasse. Je remonte lorsqu’elle a joui. Et en gueulant en plus qu’elle jouit. J’aime quand elles braillent. Elles hurlent comme si rien n’était mieux au monde. Probablement que c’est le cas. Oh nom de dieu, ce que c’est bon. Elle est chaude à l’intérieur. Chaude et tellement excitée qu’on pourrait y mettre n’importe quoi, ça s’enfoncerait tout seul. La garce ! Elle m’attrape par les cheveux ! J’adore les sauvageonnes. Je suis vraiment tombé sur un gros coup. Je ne regrette pas. Je pense à l’odeur de sa culotte. Je renifle mes doigts pendant que je la baise. Je lui mords le cou. Elle me griffe le dos. Féline en plus. Putain, elle est tellement bonne que je vais jouir tout de suite. Je sens mon foutre se mêler à sa liqueur vaginale. Putain ce qu’elle est bonne cette conne ! J’ouvre les yeux, faut que je la regarde une dernière fois avant de partir. J’vais pas rester mille ans non plus.

Qu’est-ce que ce couteau fait dans ma poitrine ?

Musique, Amour et Violence

Elle s’était décidée à aller à ce concert. Ce sont ses amis qui jouent. Son meilleur ami et le reste de la bande. Elle scrute l’endroit, cherche des gens qu’elle connaît mais ne trouve pas grand monde d’intéressant. Ils ont déjà commencé à jouer mais le meilleur reste à venir. Elle se mêle à la foule. Beaucoup de gens sont venus pour les voir jouer. Son ami se déchaîne à la guitare. Elle est vraiment fière d’eux. Elle sait qu’elle est toute seule et cette solitude la pèse mais malgré tout elle ressent comme une énergie qui la transporte. Elle se sent comme portée par quelque chose de magique. Un moment fort du concert. Elle décide de faire un petit slam, portée par des inconnus, ressentir la moindre vibration de chaleur de leurs mains sur son corps, transportée et comme acclamée. La musique est calme pendant qu’elle est en l’air. Ils n’osent pas la redescendre cette petite princesse mystique, habillée étrangement. Probablement qu’ils ressentent son calme. Ce qu’elle ne savait pas c’est que dans la foule, il y a un jeune homme. Un jeune homme fasciné par sa présence et par son aura. Il se sent connecté à elle alors qu’il ne connaît pas son prénom. Il tente de se diriger vers elle. Il veut la toucher aussi. La divinité entre à portée de main. Elle passe au-dessus de lui. C’est le moment. Un larsen. Voilà le moment qu’il attendait. Elle se vide de son essence, elle badigeonne tout le monde. Le groupe voit tout en rouge ce soir-là. L’amie de Ben est dans les bras de deux jeunes hommes. Des punks de 21 ans qui ne comprennent pas ce qui s’est passé, qui l’ont fait redescendre et l’ont recueilli. La musique s’arrête. Elle s’est éteinte pendant son couplet préféré, dans les bras d’un public qui aime ces mélodies qui l’ont inspiré à aimer Ben en secret. Elle s’en est allée avec son cœur brisé de l’avoir vu la semaine dernière avec une copine de classe. Ben n’arrête pas de hurler. Il a laissé tomber sa guitare à terre, cassant le manche. Il l’aimait aussi. Ces histoires de sentiments cachés, c’est typique. Et ça, Alexandre le sait bien. Peut-être est-ce le plus grand service qu’il aura rendu à ce trouillard que de lui avoir enlevé son amour de jeunesse pendant le concert le plus attendu de cette année. Alexandre a goûté le sang de l’imprudente. Comme beaucoup qui ne s’étaient pas tout de suite rendus compte que ce n’était pas de la transpiration qui suintait de la jeune femme. Rock, amour et violence, se dit Alexandre… Ca manque de sexe tout ça.
A priori, la soirée d’Alexandre ne fait que commencer.

lundi 31 juillet 2006

La pensée d'Hadrien

Première séance de psychothérapie pour Hadrien. Il a 24 ans. Il est conscient de tout. Il est réfléchi, calme et tout disposé à se livrer. Est-ce parce qu'il en a besoin ? Alexandre avait peur que ce soit pour soulager son âme à cause de cette "pute de morale qu'il a vu à la télé". Sarah pense que c'est la curiosité qui l'a poussé à y aller. Hadrien est lui-même partagé, ne donnant raison ni à l'un, ni à l'autre.

Hadrien livre ses premiers secrets. Les raisons de sa naissance et de celle de son frère. Leur enfance, l'arrivée de Sarah, les grand-parents, toutes les choses qu'il juge être à l'origine de sa personnalité. Il avoue qu'Alexandre et lui portent en eux une différence, un sentiment très puissant de pouvoir que lui mesure et non son frère. Tout comme Sarah...

Depuis que je suis petit, j'ai très conscience de ne pas avoir un destin banal. Je suis très conscient que je vais accomplir des choses qui dépasseront l'entendement du citoyen lambda. Je ressens cette force en moi. Je ne veux pas me vanter Docteur mais tous les trois, nous sommes supérieurement intelligents. Même si ce n'est pas évident quand on connaît mon frère mais il me semble que si nous nous en sommes toujours sortis, c'est aussi grâce à ça.

Le "docteur" comme il le nomme pense alors sûrement aux aléas de la vie. A la mort de Grand-Mère, à l'endettement du père ou tout simplement au déménagement qu'ils ont probablement subis étant petits.

Je veux dire... nous prenons plaisir à faire ce que nous faisons. Nous le faisons bien. Et parfois Alex nous appelle des "artistes". Je ne sais pas s'il a complètement raison mais c'est vrai que parfois je me perds à la vue de telle ou telle couleur. Je me perds dans la magnificence du moment. J'aime tellement cette puissance, ce pouvoir.

Peut-être que ce qui caractérise ce garçon, c'est le fardeau du succès...

Nous sommes les maîtres du monde. C'est ce que je ressens dans ces moments-là. Et parfois, c'est normal, on subit des menaces. Et Maman nous a très bien élevés par rapport à ça. Elle dit toujours que "le silence est le plus grand des mépris". J'en ai pris mon parti pour en faire un "C'est quand on a rien à perdre qu'on peut tout faire, sans limite". Alors les menaces, les chantages, ça nous passe par dessus la tête. Papa ne comprenait pas. Il disait qu'on était des têtes brûlées. Qu'on ne réfléchissait pas aux conséquences. Mais il n'a jamais pu comprendre.

Alors leur père doit être parti ou mort selon ses dires.

Je pense que c'est elle qui l'a fait partir. Maman. Elle voulait qu'on s'épanouisse dans notre art, qu'on donne le meilleur de nous-même. Je n'arrive pas à comprendre qu'elle ne soit pas fermée à ce qu'on fait. D'années en années, je suis toujours aussi étonné du soutien qu'elle nous apporte. Comme si elle n'avait pas pu accomplir elle-même ce qu'on fait.

Visiblement oui, c'est bien d'art dont il parle. Sa mère doit être frustrée et a dû pousser ses enfants vers une voie qu'elle fantasmait. Intéressant.

Je me souviens de la première. Elle était magnifique. Sculptée dans le marbre. Laura elle s'appelait. Alexandre m'avait dit que c'était une expérience unique. Nos parents s'étaient absentés. Sarah était partie je ne sais plus où, on avait la maison juste pour nous deux. On avait décidé de faire une fête. J'avais invité Laura. Alexandre s'était assuré que son copain ne viendrait pas. Si vous voyez ce que je veux dire. A un moment, on était plus que tous les deux. Et je l'ai goûté. J'ai goûté au monde ce soir-là. C'est par elle que tout a commencé.

Cette première expérience sexuelle doit être à l'origine de ses premières inspirations artistiques.

Au fait, je compte manger ces quelques biscuits... Vous en voulez ? J'ai un petit creux

Ils ont l'air bons ces biscuits... Pourquoi pas...

J'avais conscience de ce dont j'étais capable de faire. Mais je ne sais pas si c'est parce que j'étais trop jeune ou si c'est parce que j'avais peur... Toujours est-il que pour moi, c'est venu plus tard que pour Alexandre. J'ai jamais eu de complexe par rapport à ça. C'était naturel. Dans l'ordre des choses, de mon évolution personnel. Si je ne l'ai pas fait avant, c'est que je ne devais pas être prêt.

De sexe ou d'art ? Ecoutons...

Est-ce que j'aurai pu passer à côté de tout ça ? Est-ce que j'aurai pu mener une vie "normale" ? Est-ce que j'aurai pu être comme tout le monde ? Je ne pense pas. Je ne crois pas non plus, comme on l'entend dans les médias, que c'est à cause de l'éducation de nos parents. Je sais que je suis né comme ça. Je suis né avec des desseins particuliers. Je suis né avec cette aspiration personnelle. J'en suis certain. Maman ne nous a donné qu'un coup de pouce mais je ne pense pas qu'elle soit entièrement responsable.

Il est conscient du rôle de la mère dans son évolution mais ne lui cherche-t-il pas des excuses pour l'orientation de ses choix de vie ?

En tous cas, je crois comprendre maintenant que j'en ai parlé à haute voix, que rien n'aurait pu être différent. J'espère que vous avez aimé les gâteaux... C'est ma soeur qui les a faits. A base de Lepiota clypeolaria.

De quoi ?

Adieu docteur.

vendredi 28 juillet 2006

Richard, 28 ans.

Sarah dit : Hadrien ! Alex ! Descendez ! J'ai eu une nouvelle lettre de l'autre écervelé !
Hadrien dit : Ouvre la !
Alex dit : C'est mieux que la télé ce connard !

Sarah,

Je t'ai attendu. Tu m'as quitté quand je t'ai enfin aimé pleinement. Tu m'as quitté lorsque je n'avais plus que toi. Tu m'as abandonné quand tu as pu t'envoler seule. Tu m'as transformé. Je ne peux plus vivre sans toi. Tu m'as bouleversé. Sarah, cette nouvelle lettre, ce n'est pas une nouvelle supplication pour que tu reviennes. Sarah, si je t'écris ces mots, c'est pour te dire que plus jamais je ne t'ennuierai. Sarah, je compte mettre fin à mes jours. Ma vie sans toi ne vaut rien. Je ne suis rien sans toi. Je n'y arriverai pas sans toi. Tu es tout ce que j'ai, toute ma vie. Sarah, je t'aime. Je te laisse tout ce que j'ai. Tu m'as fait découvrir l'amour et le bonheur. Et je ne t'en veux pas tant pour m'avoir fait autant de peine. Comme tu disais, il y a toujours un équilibre. Je suis déjà heureux que tu ai daigné m'accorder un morceau de ta vie alors que j'étais un vrai connard. Il faut le dire. Tu m'as aimé malgré mes péchés passés. Tu m'as aimé malgré ses soupçons sur moi. Je voulais te l'avouer, j'ai bien faits toutes ces choses dont on parle dans mon dos. Je te dois bien la vérité à toi. J'ai été une ordure. Je ne te méritais pas. Je ne méritais pas ton attention mais l'Amour que tu m'as offert. Peut-être que c'est ça qui sauvera mon âme. Dans ma prochaine vie, je souhaite te retrouver car je ne suis le meilleur de moi-même que lorsque tu es là. Je vais me tuer Sarah. Ne regrette pas.

Je t'aime et t'aimerai toujours,

Richard.


Alex dit : J'suis déçu... J'aurai cru qu'il tiendrait plus longtemps.
Hadrien dit : T'as vraiment bien joué !
Alex dit : J'commençais à l'apprécier... J'suis vraiment déçu.
Sarah dit : Quel crétin !
Hadrien dit : Attends, y'a une autre lettre ! Ouvre !
Alex et Hadrien disent : Ouvre ! Ouvre ! Ouvre !



...

Marla, bras droit de l'Equation

Bonjour.

Je m'appelle Marla et je pense que je vais te pourrir la vie. Je t'observe depuis plusieurs mois et j'en ai conclus que tu étais l'être le plus minable, le plus odieux et le moins respectueux que j'ai jamais rencontré.

Je t'ai vu écraser d'un geste une armée de jeunes femmes. Je t'ai vu trahir des gens, trahir tes propres amis, trahir ta famille. Tu ne crois en rien, et je pense qu'au plus profond de toi, tu ne crois même pas en toi-même. Tu t'accroches à la moindre chose qui pourrait te flatter et te persuader que tu es un véritable être humain... avec un coeur. C'est beau ce que tu fais... Mais en y regardant de plus près, rien n'est de toi. Tu ne fais que recycler le moche pour l'expulser au plus court chemin de ton cerveau. Trois doigts plus tard, ton art pour pauvres est accessible à tous... Que dis-je, à toutes.

Aucun respect pour toi donc, ni pour tes amis que tu estimes minables lorsqu'ils te donnent des discours contraires à ce que tu aimerais entendre. Tu les juges grossiers de se mêler de ta vie parce qu'ils t'apportent quelques conseils. Les gros lourds qui devraient te laisser vivre ta vie de minable que tu aimes jouer. "La vie est un jeu"... Accepte de perdre. Plus vite tu auras compris que ta jauge de vie n'est pas éternelle, plus vite tu admettras que certains enemis peuvent être plus cruels que toi.

" Bonjour, je m'appelle Marla, j'ai 20 ans et je suis porteuse d'une maladie rare.
Bonjour Marla.
J'ai une maladie qui peut infecter les femmes. Sexuellement. Je ne suis pas homosexuelle mais si je couche avec un homme sans protection, il devient porteur à son tour et risque de transmettre la maladie à ses partenaires féminines sans jamais le savoir. J'ai été soignée lorsque j'étais plus jeune mais je serai toujours porteuse de ce truc. Je suis en quelques sortes condamnée à me protéger si je veux contenir la maladie. En fait, moi, je n'ai plus de symptômes. Ca se manifeste sous la forme de ... non, je ne peux même pas le dire tellement c'est dégueulasse. A la longue, ça peut rendre stérile. C'est effrayant de penser que si je ne fais pas attention, je peux rendre stérile des femmes par l'intermédiaire de mes petits-copains."

J'avais peur. Et depuis que je te connais, je sais pourquoi le Destin m'a donné cette maladie.

"John. Tu as encore envie de moi ? Depuis le temps où je me refuse à toi, tu veux bien me conquérir ? Alors possède moi. Cette nuit, je serai tienne. Finalement, tu avais raison, il faut savoir se faire plaisir. Je vais m'offrir à toi. Tu ne veux réellement pas te protéger John ? Si j'ai confiance en toi ? Bien sûr. J'ai toujours eu confiance en toi. John, fonds toi en moi. Enfonce toi au plus profond de mon être. J'aime te sentir sur moi, me prendre. J'aime t'appartenir. Tu es venu si vite John. Mais 20 minutes, c'est bien. Que je m'en aille désormais ? Oui, je savais que tu ne voudrais plus de moi une fois que tu auras eu ce que tu convoitais. Non, je ne t'en veux pas. L'ennemi s'en va."

Tu apprendras plus tard, beaucoup trop tard, que les péchés se paient. Tous. Et que Dieu n'existe pas, mais ses Deux Ex Machina si. Dieu n'existe pas mais le monde est mathématique. Le monde est équation. Et je suis l'enigme qui te détruira. Le fléau que tu as semé partout, va te tuer. Une graine prendra forme et je serai derrière toi. La beauté de la situation, c'est que c'est toi-même qui te suicideras. Alors rendez-vous en Enfer.

lundi 24 juillet 2006

Jessica, 12 ans.

Jessica était notre unique fille. Elle venait de fêter son douzième anniversaire. Nous avions été faire les magasins toutes les deux. Son père et moi nous étions arrangés. Je la revois encore admirer sa belle robe rose dans la vitrine.

Elle essuie ses larmes.

J'aurais jamais imaginé que ça puisse se passer de cette manière. J'avais fait venir plusieurs agents de sécurité... Vous comprenez, comme son père et moi sommes riches, nous savons que parfois des paparazzis peuvent porter atteinte à la vie privée de nos enfants... Et puis nous avons peur des kidnappings depuis ce qui est arrivé aux Harris à Berlin. Mais...

Elle se mouche et sanglote encore.

On avait fait venir une coiffeuse de New-York pour sa fête... Elle était patiente... Elle se regardait dans le miroir... Elle avait les yeux qui pétillaient... C'est trop injuste.

Elle baisse les yeux, essuie ses larmes... Elle respire à fond. Son visage se ferme, ses traits deviennent plus que sévères.

C'est injuste !!! Vous auriez vu ce que cette ordure a fait à ma fille ! On est resté sans nouvelle d'elle pendant des jours ! Ce salaud nous a laissés espérer ! Si je pouvais... je ! ... je ! ... Je le tuerais de mes mains cet enfant de putain ! Quel monstre ! Une erreur de la nature pour s'en prendre à une enfant comme ça ! 12 ans !!! Elle n'avait que 12 ans !!!

Elle éclate. Elle pleure, n'arrivant presque plus à respirer. Elle se mouche. Elle trépigne. La douleur est forte.

C'est abominable !!! Je n'arrive pas à croire que ma petite fille soit partie ! Ca n'se peut pas ! Elle ne méritait pas ça ! Je ne peux plus... Je...

Elle se calme. Respire. Pleure de douleur, de peine.

Ma petite fille...

Elle chuchote encore.

Elle avait son cours de danse hier soir. Elle était la plus belle des danseuses. Un ange. C'était un ange ma Jessica. Et puis il riait de tout. On lui avait préparé un week-end pour aller voir sa meilleure amie à Cologne. Et elle devait passer ses vacances à St Barth avec nous et sa colonie de vacances. Elle voulait être actrice comme sa tante...

Elle pleure, a le regard dans le vide.

Elle était ma petite fille. Ma petite Jessica. Ma toute petite petite enfant. Elle était ma petite fille. Ma fille...

Elle sanglote.

Elle était jaune et bleue. Jaune et bleue. Ils l'ont retrouvée jaune et bleue. Et gonflée d'eau. Ma p'tite fille... Gonflée d'eau. Et ce salaud l'a abusée... 12 ans. Ma petite fille. Il l'a abusée. Il l'a trainée à travers toute la ville, enfermée à l'arrière de sa bagnole pourrie, à travers toute la ville. Il l'a prise en photo cet enfoiré. Il l'a abusée, il l'a trimbalée dans sa vieille caisse de merde et il l'a tuée. Elle était si jolie. Si belle...

Elle regarde l'homme assis dans le fauteuil en face d'elle, prend un air résolu et déclare...

Vous vouliez savoir ce que cet enfant de salaud a fait à ma petite Jessica. Il l'a kidnappée. Il l'a emmenée partout avec lui à travers la ville. Elle était enfermée dans son camion et personne n'a entendu les hurlements de ma petite fille. Elle s'est débattue. Il l'a frappée. Il l'a emmenée près du fleuve. Sur un chemin en pente où personne ne va. Il l'avait droguée. Il l'a violée comme un porc et quand il a eu fini de la salir, il l'a tuée. Il l'a ligoté et balancé dans la flotte. Son pauvre petit corps... Mon dieu... Et il lui a coupé les mains, il lui a enfoncé son couteau dans sa chair. Il lui a brisé les deux jambes. Il a accroché le reste de son corps avec des ficelles en haut d'un arbre et il a emporté la tête avec lui. Il a démembré ma petite Jessica.

Elle est épuisée. Elle pleure de plus belle et son attention est à nouveau reportée vers l'homme.

Sa tête, il l'a emporté avec lui. Il a donné le cerveau de Jessica à manger à notre chien. Et le reste... Il l'a balancé dans notre poubelle.

Elle se remet à pleurer. Elle prend enfin pleinement conscience de ce qui s'est passé. Elle commence à trembler.

Mon dieu...

Elle regarde à nouveau l'homme, fronce les sourcils.

ESPÈCE DE ... !

Elle se lève et se jète sur l'homme mais...

...

Elle tombe à terre. Elle ne pleurera plus. Alexandre l'avait fait taire.

jeudi 20 juillet 2006

Journal d'Hadrien

Extrait du journal d'Hadrien, 27 août :

Toujours les mêmes questions. Toujours les mêmes regards. Toujours les mêmes espérances des proches. Comme s'ils ne pourront jamais être satifait... Mais nom de dieu ! Lâchez moi !
Heureusement qu'Alexandre est là, putain. Y'a du bon parfois d'avoir un frère jumeau quand même... Irrémédiablement, il reste auprès de vous par peur des amalgames. Même s'il se contre-fout des foudres de Papa.
Il est plus fort que moi je pense... J'ai du mal à assumer le destin qui nous attend alors que lui est très impatient.
Aujourd'hui, c'est notre anniversaire, on a 17 ans. Maman a fait un gâteau gigantesque pour les potes du lycée. On sera pas nombreux. Juste la classe de terminale. Y'aura Laura aussi... Elle est intelligente, belle et futée. Il y a des rumeurs comme quoi sa famille est barge mais j'm'en fous. Elle est mon idéal. Alexandre s'est occupé de Matt. Il ne viendra pas nous déranger. Comme ça j'aurai peut-être une chance de la draguer. Ce serait vraiment bien.
Alexandre ferait tout pour moi. Je le sais maintenant. Je mesure la chance d'avoir un frère aussi fou. Les déménagements n'y changeront rien.
J'ai hâte d'être à ce soir ! La maison pour nous ! Une grande fête ! Laura ! Laura... J'suis content d'avoir acheté des capotes.



Extrait du journal d'Hadrien, 28 août :

Merveilleux. La nuit la plus magique de ma vie ! Laura n'a pas résisté longtemps... Elle est à moi ! Elle est à moi ! A moi ! Alexandre n'a même pas eu à argumenter... Tout seul. Je l'ai fait tout seul. On a eu beaucoup de travail à nettoyer le chantier dans la maison avant que Papa et Maman ne rentrent mais ça valait le coup. Remuer la terre après une fiesta pareille ! C'était magique.
Laura. Mon amour. La flamme à l'interieur de moi qui se consume.
Elle est arrivée légèrement en retard mais je lui pardonne... Elle portait une robe blanche. La mousseline lui descendait jusqu'aux genoux. Elle était coiffée comme une déesse. Elle était simple mais divine. Elle a cherché Matt pendant quelques heures. Elle l'a attendu. Et puis elle a bien vu qu'il ne serait pas là avec elle quand elle l'a vu dans le jardin avec les autres. La pauvre devait être déçue... Elle s'est mise à pleurer et heureusement que j'étais là pour la consoler. Alexandre a écarté ses copines. Toutes ces connasses qui lui tournent constamment autour pour s'abreuver de son talent, sans se soucier de l'énergie qu'elle détient au fond d'elle. Celle qui vit désormais en moi. Je l'ai emmené à l'étage, dans ma chambre. Elle n'a pas tout de suite compris qu'on allait se lier. C'était beau cette naïveté dans son regard. Si délicieuse. Si délicieuse...
Je ressens encore la résistance de ses poignets, la chaleur de son coeur, le souffle dans ses poumons, la douceur de ses jambes, le sucré de son sang... C'est plus agréable de goûter quelqu'un que de simplement s'enfoncer en elle. Même si se sentir au chaud à l'intérieur n'a rien de comparable. Mais la jouissance est éphémère... Alexandre a raison. Désormais, elle est en moi. Je la possède.